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samedi 28 mars 2009

News from the field

Bonjour à toutes et tous, voilà un peu plus d'1 mois que nous sommes en Inde. C'est à la fois rapide et lent, surtout pour Céline qui est toujours en train de façonner son réseau et d'être attentive aux opportunités de boulot qui pourraient se présenter. Pour moi, c'est un rythme effréné qui me tient depuis le début. Comme à chaque début de mission, il faut du temps pour comprendre comment ça fonctionne et ici, je pense qu'il me faut encore 1 à 2 mois pour commencer à vraiment me sentir à l'aise. Avant de vous raconter un peu les deux dernières semaines de visite terrain, un petit point sur la grossesse: Céline qui cachait plutôt bien cette grossesse, maintenant, c'est plus possible, elle nous a dépassé largement et très rapidement mon bidon et moi; ceci dit, on ne prétendra pas pouvoir rivaliser.


Passons aux visites terrain des deux dernières semaines. Je suis d'abord allé 2 jours à Mumbai pour visiter les installations (clinique pour nos patients atteints de HIV et de TB -tuberculose- résistante; bureau; appartements des expatriés...). Malheureusement, je n'avais pas mon appareil photo, mais j'ai quand même une petite anecdote à vous rapporter.
L'équipe là-bas vis presque en front de mer et la vue depuis un de ces logements est imprenable. Pour voir le coucher de soleil, c'est fantastique et le matin, en se levant, c'est très joli aussi... Le matin, à l'aube et pendant la marée basse, il y a une nuée de personnes accroupies sur des rochers donnant l'impression de pécher des crabes... Mais, à y regarder de plus prêt, ils ne restent pas très longtemps accroupis et en se relevant, ils remontent leur pantalon... Et oui, ils sont aux toilettes. Agréable certainement, mais enfin!!! La marée haute de l'après midi vient tout nettoyer et voilà. Ceci dit, tu ne veux pas te baigner. Une des personnes qui travaille sur le projet a essayé de rentrer dans l'eau lorsqu'elle assistait à une cérémonie religieuse... Résultat: Deux semaine d'antibiotiques.
Formidable, non?!?
Je suis ensuite allé à Badrachalam dans l'autre projet pendant une semaine. Et c'était très agréable de voir enfin quelque chose loin de le ville et qui se rapproche des projets classiques MSF.
Là-bas, nous apportons des soins de santé primaire à des populations tribales prises au milieu d'un conflit et instrumentalisées par les parties belligérantes. Nous faisons des cliniques mobiles: on arrive et on s'installe dans la forêt à la sortie d'un village pour faire des soins à des gens qui viennent de la forêt et qui ont marché parfois 10, parfois 40 km pour venir consulter. Ils ont vraiment besoin de nous, et quand on pense que seuls les gens capables de marcher viennent à nous, nous pensons que nous devons essayer de rentrer de plus en plus profond dans la forêt.
Nous travaillons aussi dans des "camps" fabriqués par les autorités. Ces villages le long des routes ont été bâtis pour accueillir les populations tribales chassées des forêts par les conflits. Ceux sont de véritables villages artificiels et les mouvements de ces endroits sont très contrôlés par les forces armées. Pour simplifier, les populations tribales sont terrorisées par les combattants et doivent plus ou moins choisir un camp pour survivre et lorsqu'il ont choisi par défaut un camp, ils sont pris pour cible par l'autre groupe. Sympa non?!?

Bon , hormis ce contexte un peu bizarre, les gens sont charmants et l'équipe MSF est très chouette. Je voulais aussi vous montrer une des maisons où j'ai dormi... sur le toit.

En rentrant de cette visite, les journées de travail se sont enchaînées et je profite de ce samedi matin avant d'aller à la piscine pour la journée. Ça fait du bien de se poser un peu. De grosses bises

samedi 21 mars 2009

Première réception !



Comme prévu, le dimanche nous avons fêté l’anniversaire de Johanna, notre coordinatrice médicale. Il a été décidé de faire ça chez nous puisque nous sommes les seuls à avoir un petit jardin. On a vraiment passé une très agréable journée. Au programme, piscine pour tous les petits monstres et barbecue pour les plus grands. C’était très agréable de voir autant de vie dans notre appartement d’habitude si calme.
Un couple de MSF Espagne nous a rejoint avec leur deux enfant (et un troisième à venir) ainsi qu’un couple « d’explorateurs » MSF qui étaient à Delhi pour le week-end. C’est to
ujours surprenant de voir à quel point ces équipes sont « internationales ». Notre chef de mission, Pierro, est Colombien naturalisé Italien, marié à Johanna qui est polonaise naturalisé belge et ils ont 2 enfants, Assiri née au Pérou et Alexandro né en Colombie. Du côté des espagnols, nous avons Alexandra, italienne et mariée (en Inde) à Bjorn, suédois avec 2 enfants (je ne sais pas où ils sont nés) et le 3ème qui naîtra en Inde au mois de septembre. Etant donné que chacun parle avec son enfant dans sa langue natale et que nous leur parlions en français ou en anglais selon le feeling, je ne vous dit pas les discussions de sourds que nous avons eu ! A côté, nous sommes ridicules avec notre futur enfant franco-belge né en Inde ! Mais bon, on s’en satisfait très bien, surtout quand on voit les challenges administratifs que ça représente !

samedi 14 mars 2009

Week-end détente

Salut à toutes et tous, on vient de passer encore une très agréable journée à la piscine histoire de couper avec la semaine et de se faire plaisir. C'est un endroit tellement sympa que finalement, on s'y est abonné pour 3 mois comme ça Céline pourra y aller autant qu'elle le souhaite; quant à moi, dés que possible, je l'y accompagnerai. Cet hôtel 5 étoiles nous offre une bouteille d'oxygène dans cette ville congestionnée par le bruit, le trafic, les odeurs...
Non, on ne fait pas que lire et manger (spéciale dédicace à Antoine pour ce très agréable livre qui m'accompagne même dans l'eau). On a aussi nagé... Cool non ? les vacances ; euh la vie à Delhi ?!? Après ce bain, on est allé voir une vente dans l'école française où Céline a déjà quelques connaissances, sympa pour la ballade, mais on n'a rien acheté. Demain, barbecue à la maison avec les copains pour fêter l'anniversaire de Joanna, une collègue. Voilà pour le week-end, mais avant ça, je suis allé passer 2 jours à Mombai pour rencontrer les copains là-bas et pour voir le projet "HIV-sida / Tuberculose". Très intéressant. Quant à Céline, elle a participé à un forum des métiers à l'école française où aucun des enfants ne voulaient spontanément devenir infirmier, mais tous voulaient gagner de l'argent... Quel monde ?!?

Heureusement, je suis rentré vendredi après midi, juste à temps pour pouvoir accompagner Céline chez la Gynéco... Premier contact, et elle semble très bien. On verra, Céline doit aller visiter l'endroit où elle fait les accouchements, mais on a bien apprécié cette personne, alors on pense continuer avec.

Voili-voilou, la semaine prochaine, je pars visiter l'autre projet et serait de retour le dimanche. J'en ai besoin pour le boulot, même si on sait que ce sera pas facile pour nous d'être loin l'un de l'autre. Je compte sur vous pour m'aider à combler mon absence. A trés vite sur Les ondes de Décalage horaire. prenez bien soin de vous.

mercredi 11 mars 2009

Happy Holi




« Happy Holi ! », a-t-on pu entendre dans toutes les rues ce 11 mars. Comme chaque année début mars, le jour de pleine lune marque le début du festival de Holi. Cette fête très attendue est internationalement connue pour ses explosions de couleurs. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle aussi « festival des couleurs » : à cette date, le pays se transforme en un véritable terrain de jeu où les habitants s’aspergent de poudres colorées et de peintures. Du vert pour l’harmonie, du rouge pour l’energie et l’amour, de l’orange pour l’optimisme…toutes les villes et villages se "caméléonent" au goût de la population.
Mais d’où vient ce festival, qui depuis la nuit des temps, célèbre l’arrivée du printemps ? En Inde, la Holî est la célébration de la crémation de Holîka. Dans la mythologie hindoue, Hiranyakashipu (un roi fier et arrogant) semait le trouble autour de lui. Il avait notamment un fils, Prahlad, dont il souhaitait se débarrasser (le roi s’indignait de l’adoration que son fils portait au dieu Vishnu). Plusieurs fois, il essaya donc de le tuer, mais il ne réussît jamais. L’idée du roi fût alors de demander de l’aide à Holika ( sa sœur). Puisqu’Holika ne craignait pas le feu, le roi défia son fils de s’allonger dans les flammes avec sa tante. Celui ci accepta, et finalement, contre toute attente, il en ressortit indemne alors qu’Holika mourût.

C’est de cette histoire que serait née la Holi, symbôle de la victoire du bien sur le mal. D’ailleurs, la veille de la fête, d’immenses feux de joie sont allumés dans toutes les villes d’Inde. ( Comme A Phalen, lieu qui attire les touristes pour son gigantesque feu de joie maintenu toute la nuit, et traversé par des prêtres qui en ressortent indemnes). Du feu (comme figure de la destruction du mal), les braises sont ensuite récupérées par les habitants, qui s’en servent ensuite pour en allumer un chez eux.
Le lendemain, la couleur prend le relais, chacun s’étant approvisionné de munitions chromatiques : ballons remplis d’eau colorée, gulal (fameuse poudre teintée) . Au son des percussions, ou des chants populaires, les gens dansent et défilent dans les rues. Dans le Nord de l’Inde ( à Haryana et Gujarat entre autre), la pratique du « pot cassé » est une habitude : un pot de lait battu est suspendu dans une rue, les garçons devant l’attraper et le casser. A Mathura et Manipuris ( nord est de l’Inde), les festivités se prolongent même pendant une semaine.
Mais quelque soit l’endroit, l’amusement et l’euphorie sont là. Pour tous, l’événement est important car pendant la Holi, les barrières sociales tombent , il n’y a plus de classes, plus de différences (les femmes participent autant que les hommes). Symbôle de fraternité, la Holi est (entre autre) l’occasion de manifester son amour, son amité aux autres : les gens s’échangent des bonbons, des cadeaux ( des robes blanches pour les filles, des pyjamas pour les garçons)
Pour les jeunes, la Holi est aussi synonyme de plaisanterie. On salit, on éclabousse…« Bura Na Mano, Holi Hai ! » (« Ne soyez pas fâchés, c’est la Holi ! ») crient les enfants. Et entre deux jets de gulal, c’est aussi l’occasion d’avaler une gorgée de Thandaï, un mélange étonnant de lait, d’amandes, d’épices et de cannabis…
Thomas est donc rentré du boulot complètement rose hier soir! Malheureusement, en bonne petite desperate housewife, le reflexe "essayons de sauver ses vêtements" a primé sur celui "immortalisons cet instant", donc pas de photo souvenir. Mais avec les autres, vous pouvez aisément imaginer la suite ...

dimanche 8 mars 2009

Un peu de tourisme

Première sortie touristique au Red Fort qui symbolise l'indépendance de l'Inde. Des douves de nos jours asséchées, des murs de 18 à 33 mètres de haut, ce monument étale sur 2 km de long sa silhouette impressionnante.



Fait remarquable, les animaux se partageant ce vaste terrain de jeux semblent vivre en harmonie. Des clans d'aigles et de corbeaux se partagent les airs tandis que des centaines d'écureuils fourmillent au sol sans crainte de l'homme. Dès les portes du fort passées, on s'est senti au calme, protégé de l'agitation de la mégalopole Delhi. L'harmonie de l'espace et de ses pensionnaires ajoute au calme et à la sérénité. Bref, on respire... N'est-ce pas?








Vous devez savoir que cette ville non seulement ne dors pas, mais le bruit et notamment les klaxons des vélos, scooters, motos, rickshaws, voitures, camions, bus et même trains ne s'arrêtent jamais. Assez dérangeant quand on n'y est pas habitué. Ils retentissent même lorsque le feu est rouge et que personne ne bouge. Incredible India.

Alors, le calme est un luxe que nous savourons dés que l'on peut...


Nous avons entrepris aussi une petite virée shopping en Rickshaw; ce petit tricycle à moteur se faufile partout et nous emmène à destination pour très peu d'argent. On a bien rigolé mais sans desserrer les fesses, surtout lors de notre rencontre avec un chauffeur qui visiblement n'avait pas toutes ses frites dans le même cornet. On a eu la bonne idée de lui poser une question pour être certain qu'il connaît notre point de destination, sans se douter qu'il allait tourner la tête pour nous répondre! Le volant a donc tourné parallèlement à sa tête et notre rickshaw a du coup frôlé une voiture avant de reprendre vivement sa trajectoire d'origine. Un regard effrayé partagé avant d'exploser de rire, nous ainsi que notre chauffeur et son unique dent roussie. Bref, grosse poilade.

Fantastic India !

Cette fois-ci, on s'y met!
Il faut dire que c'est la 1ère fois qu'on a une connection internet aussi efficace, donc plus d'excuse pour ne pas donner de nouvelles et attention, avec photos à l'appui!
Ça fait aujourd'hui 15 jours qu'on est arrivé à New Delhi, notre terre d'accueil pour l'année 2009. Les 1ères impressions sont bonnes. On a été accueillis comme des rois par toute l'équipe, expatriés comme indiens. Bon, comme d'habitude, il va falloir un petit temps avant de retenir les prénoms de chacun mais ça va aller. En attendant, on appelle tout le monde "my friend", et ça le fait ...
Thomas a attaqué le travail avec une énergie débordante et après 2 semaines, il parle déjà de s'installer ici pour les années à venir. Bon, restons calmes! Mais au moins, on sent que ça lui plaît. On a même trouvé une adresse qui livre des magrets de canards, que demander de plus (incredible India)! Le dicton ici c'est "tu trouves absolument tout, il suffit de savoir où regarder". Sauf que le "où regarder" s'avère relativement vaste. New Delhi, c'est quand même 14-20 millions d'habitants (selon les sources) répartis sur 1483 m2.
Céline a quant à elle attaqué la semaine avec une bonne gastro entérite. Welcome! Bon, rien de grave. Une nuit passée dans "l'annexe", deux jours à essayer de convaincre son estomac d'arrêter de danser le "katakhali" local et on n'en parle plus. Retapée juste à temps pour le 1er week end, on a pu se lancer dans la découverte de la capitale.

Le samedi, on a décidé de s’attaquer directement au centre-ville. On nous a dit que c’était une ville animée alors on a voulu tester. Et bien on n’a pas été déçu ! Tout d’abord sur la route, il a fallut faire avec les camions, les bus, les voitures en tout genre (ce n’est pas sure que le contrôle technique existe ici), les rickshaws, les motos, les vélo-rickshaws, les vélos, les piétons, les vaches, les vendeurs en tout genre, les mendiants très jeunes ou très vieux … Avec un code de la route finalement très simple, chacun fait ce qu’il veut mais le plus gros a priorité ! On a même testé la route à 3 bandes (enfin du moins en théorie 3, en pratique c’est plutôt 4-5) en sens contraire ! Pourquoi me direz-vous ? Mais simplement parce que le rond point qu’on voulait rejoindre était plus près dans ce sens là !
Tout ça ne nous a pas empêchés d’arriver en un seul morceau à Connaught Place, la « Grand Place » locale. Et là, on s’est baladé, simplement, sans objectifs touristique autre que de prendre la température. Bon, je ne dis pas qu’un de nous deux n’en a pas un peu profité pour zieuter les marchés avoisinant et tester le marchandage à l’indienne. On a dit qu’on était là pour découvrir non ? On a mangé dans un restaurant typiquement indien indiqué par notre guide, mais ce qu’on n’avait pas prévu, c’est que typiquement indien voulait dire végétarien. Thomas a un peu fait la tête mais finalement, on s’est régalé. Le vrai challenge a été de comprendre le menu !

Le dimanche, nous avons décidé de partir à la recherche d’une piscine. Apparemment, les seules accessibles sont celles des grands hôtels. Mais tous ne l’ouvrent pas au grand public et préfèrent la garder pour leurs clients. Ce n’est donc pas chose facile à trouver (surtout à un prix abordable). Mais on est motivé et on part avec une liste d’hôtels trouvés sur différents sites internet et guides.
1er hôtel, 1er échec. La piscine est en travaux et ne sera pas accessible avant un mois. Il y a un autre hôtel juste à côté avec une magnifique piscine, fonctionnelle, mais ils nous demandent 45 euros pour la journée ! Bon, on a 15% sur le « beauty salon » mais malgré tout on trouve ça un peu cher …
On reprend la route dans un rickshaw cette fois-ci. Arrivé au 3ème hôtel, on nous dit cette fois-ci que la politique a changée et que la piscine est à présent réservée aux clients de l’hôtel. Bon, on abandonne pour cette fois-ci. Il faut quand même préciser que tout ça nous a pris quelques heures. Il faut trouver le taxi, négocier le prix, survivre au trafic, trouver l’hôtel, trouver le responsable de la piscine, se faire comprendre, comprendre ce que l’autre répond, remercier et ressortir, le tout 3 fois de suite. On a donc décidé d’aller manger un petit bout. Et à quelques nuances près, on a recommencé le même cirque pour trouver un endroit où manger ! Mais là, la 2ème tentative fut la bonne et on a eu droit à un buffet de plats indiens, ce qui nous a permis de gouter à différentes choses en essayant de retenir pour plus tard ce qui nous plaisait.

Un premier week-end au final intéressant et instructif à plusieurs égards …